Bassil à Baabda : " Nous n’accepterons aucun marchandage sur le sang de l’armée… et nous les mettons une nouvelle fois au défi sur ce que révélera l’audit dans le dossier de l’Énergie "

  • 07 September 2026
  • 58 mins ago
    • Lebanon
    • POLITICS
  • source: tayyar.org
    • article image
    Le président du Courant patriotique libre (CPL), le député Gebran Bassil, a indiqué, dans un discours prononcé lors du dîner de la section du caza de Baabda du CPL, que "le Courant patriotique libre se tient, une fois encore, dans une position de fierté et de dignité pour son pays, son armée et son peuple. Et voilà que certains viennent nous dire que nous monopolisons la justice, alors même que nous nous en remettons à elle lorsque nous saisissons le Conseil constitutionnel pour déposer un recours ".
    Bassil a affirmé : "Nous ne nous sommes jamais rebellés contre la justice, pas un seul jour. Elle a toujours été notre recours. Mais celui qui veut couvrir les défaillances de la justice en la contournant et qui prononce, au nom du peuple libanais, une amnistie en faveur de criminels, c’est lui qui ne respecte ni la justice ni l’institution judiciaire. "
    Il a relevé qu’" ils se sont mis en colère parce que nous avons annoncé que nous allions former un recours, comme s’il ne devait plus rester personne dans ce pays pour refuser ou dire non ", ajoutant : "Ne vous mettez pas en colère. Dites, vous aussi, non, et ne vous considérez pas comme visés. Chaque fois que nous adoptons une telle position, vous nous dites que nous sommes seuls. Bien sûr, nous serions heureux que tout le monde se tienne à nos côtés dans ces positions de fierté et de dignité. Mais que pouvons-nous faire si nous sommes parfois seuls ? Devons-nous renoncer à ces positions pour satisfaire les autres ?".
    Il a souligné que " chaque fois que le Courant patriotique libre se retrouve à un moment de décision, il doit choisir entre la décision difficile, qui consiste à dire “non”, et la décision facile, qui consiste à dire “oui” pour satisfaire un État ou une partie, ou encore pour se soumettre comme d’autres l’ont fait ".
    Bassil a poursuivi : « Le plus regrettable, c’est qu’ils déforment nos positions. Il y a un an déjà, lors du dîner des avocats du Courant patriotique libre, nous avons été les premiers à réclamer que soit levée l’injustice subie par les islamistes injustement détenus qui ont passé des années en prison sans procès. Leur nombre est limité et connu. Quant à celui qui a été condamné parce qu’il a été établi qu’il avait délibérément tué des militaires de l’armée libanaise, son cas est clair. Et celui qui a commis un acte qui ne justifie pas des années d’emprisonnement a évidemment le droit d’être jugé et de sortir de prison. »
    Il a ajouté : « Nous avons dit que la solution était simple : préparons une loi spéciale et clairement définie pour ces personnes, dont le nombre est limité et connu, afin que la levée d’une injustice à l’égard de quelques personnes ne se transforme pas en une injustice infligée à l’ensemble du peuple libanais. Un pays ne peut pas vivre avec une loi d’amnistie générale promulguée périodiquement. De cette manière, nous apprenons au criminel qu’il peut recommencer son crime et nous laissons tout un peuple sans protection. »
    Bassil a poursuivi : « Voulons-nous dire à l’armée libanaise : combats aux frontières, affronte le terrorisme, désarme le Hezbollah par la force, mais celui qui te tue, nous l’amnistierons plus tard ? Et après cela, nous voulons que le soldat continue de combattre et d’affronter les dangers ? »
    Il a souligné que « la question est simple : lever l’injustice qui frappe quelques personnes ne doit pas se transformer en une amnistie générale au nom des communautés. Les militaires de l’armée libanaise qui ont été tués n’appartiennent pas à une seule communauté. Nous répétons avec fierté que l’un des principaux viviers de l’armée libanaise est constitué par nos compatriotes sunnites et par nos familles d’Akkar. Lorsque nous défendons l’armée, nous les défendons eux aussi, mais nous ne défendons pas celui qui les tue, quelle que soit sa communauté ».
    Bassil a ajouté : « Lorsque nous nous en sommes pris à l’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, nous ne nous sommes pas dit : il est maronite, donc nous ne devons pas attaquer un maronite. S’il est corrompu, nous le dénonçons quelle que soit sa communauté. Et lorsque nous le faisons, nous n’attaquons pas sa communauté. C’est là que réside la ruine de ce pays : transformer la défense des droits des martyrs, de leurs familles et des victimes face aux criminels en une attaque contre une communauté. »
    Il s’est demandé : « Avez-vous jamais entendu de notre part un mot, même une allusion, contre une communauté ? Tout ce que nous avons dit, c’est qu’il n’est pas permis de faire un marchandage politique sur le sang des gens. Et il ne s’agit pas uniquement des militaires de l’armée libanaise : il y a aussi des enfants et des femmes qui ont été violés et massacrés. Des criminels retrouveront la liberté sans véritable procès. »
    Il a affirmé que « le véritable confessionnel est celui qui transforme un crime en une affaire devant être amnistiée au nom d’une communauté, et non celui qui défend le principe selon lequel le crime ne doit pas rester impuni. Car, de cette manière, nous finissons par amnistier les meurtriers de militaires de l’armée libanaise pour satisfaire une communauté, puis une autre communauté réclame l’amnistie des trafiquants de drogue, et une troisième celle de ceux qui se sont rendus en Israël ».
    Bassil a estimé que « la question ne doit pas être traitée de cette manière, mais au cas par cas. Celui qui a subi une injustice doit en être libéré. C’est pourquoi nous sommes aujourd’hui victimes d’une campagne visant à nous opposer à une communauté, alors même que nous la défendons et que nous défendons les personnes tuées par une petite catégorie qui a commis des crimes contre elles, contre l’armée et contre toutes les communautés ».
    Il a ajouté : « C’est pourquoi nous n’hésitons pas lorsque nous prenons cette position et nous ne nous demandons pas qui sera satisfait ou qui sera en colère. Ils doivent savoir qu’il existe encore dans ce pays quelqu’un qui dit “non” : qui dit non à un ambassadeur lorsqu’il veut lui imposer un président de la République, et qui dit non à un criminel lorsqu’il veut lui imposer une amnistie. »
    Bassil a affirmé : « Nous n’avons pas peur d’eux, quelles que soient leurs menaces, médiatiques ou autres. Notre position restera inchangée. Personne ne peut nous intimider et personne ne peut nous mettre en confrontation avec nos propres compatriotes lorsque nous défendons l’ensemble de notre peuple. »
    Il a relevé que « l’injustice dont le Courant patriotique libre fait l’objet depuis sa création ne nous fait pas peur et ne nous pousse ni à nous cacher ni à nous dissimuler. Nous l’affrontons la tête haute et notre dignité intacte. Nous sommes fiers de prendre ces positions difficiles, notamment lorsque certains tentent de présenter notre position sous un jour contraire à sa réalité ».
    Il a ajouté : « De même que le président de la République dispose de ses prérogatives et du droit de signer une loi, nous aussi, en tant que bloc parlementaire, avons la prérogative et le droit de former un recours contre cette loi devant le Conseil constitutionnel. Vous vous souviendrez à quel point les effets de cette loi sont dangereux et quelles conséquences graves elle peut avoir sur la justice et les juges libanais, en raison de l’interprétation qui lui a été donnée et des manipulations qui l’ont entourée. »
    Bassil a poursuivi : « Il y a eu de nombreuses tentatives visant à amnistier des crimes financiers. Aujourd’hui, la loi a été publiée et, à première lecture, nous constatons des manipulations dans la manière dont elle a été promulguée ainsi qu’une tentative d’amnistier des crimes de corruption commis au détriment des deniers publics, dont les auteurs sont connus. Lorsque nous légalisons le crime et consacrons le principe de l’impunité, nous ouvrons la voie à chacun pour tuer, violer et voler. »
    Il a souligné que « depuis 2019, soit depuis sept ans, le Parlement n’a pas osé adopter une loi sur les fonds transférés à l’étranger et n’a convoqué aucune séance pour examiner ce texte. Mais lorsque vient le moment de répartir les bénéfices d’un compromis entre ses membres afin d’accorder des exemptions pour certains crimes, ce même Parlement tient vingt réunions de commissions parlementaires conjointes pour adopter une loi d’amnistie qui n’est pas la première du genre ».
    Et d’ajouter : « Depuis les années 1990 jusqu’à aujourd’hui, trois lois d’amnistie ont été adoptées. Comment voulez-vous ensuite que le pays n’encourage pas la criminalité ? »
    Bassil a également déclaré : « Je comprends que ceux qui ont autrefois bénéficié d’une amnistie dans le cadre d’un marchandage impliquant les islamistes qui avaient tué des militaires dans le jurd de Denniyé veuillent aujourd’hui effacer leur propre faute et surenchérir en faveur de l’amnistie. Je comprends aussi ceux qui cherchent à donner à cette question une dimension confessionnelle ou qui se retrouvent soumis à une pression confessionnelle artificiellement créée, car ils savent tous que cette affaire a commencé à l’étranger et n’est pas une fabrication libanaise. »
    Il a poursuivi : « Cela s’est produit lorsque la Syrie a imposé au Liban de lui remettre les islamistes syriens qui avaient tué des militaires libanais. C’est alors qu’ils ont été contraints d’examiner également le dossier des islamistes libanais. Voilà la question et voilà la véritable raison. Au lieu que le Liban profite de cette situation, même lorsqu’il est soumis à la pression d’un autre État, fût-il voisin et ami, pour obtenir quelque chose dans l’intérêt des Libanais comme le retour des déplacés syriens dans leur pays ou le règlement du problème du transit entre les deux pays , nous nous retrouvons face à une autorité soumise qui exécute tout ce qui lui est demandé, que cela vienne d’Israël, de Syrie ou de tout autre État. Et ensuite, ils s’attristent parce que nous disons “non” pour défendre notre pays. »
    Bassil a souligné que « le Courant est favorable à toute négociation qui mette fin à la guerre et à l’occupation. Mais si le Courant estime qu’une négociation consacre l’occupation, la légalise et lui fournit une couverture, il serait erroné de considérer le Courant comme un défenseur du Hezbollah simplement parce qu’il exige le retrait d’Israël des territoires occupés ».
    Il a ajouté : « De même, lorsque le Courant affirme vouloir que les armes soient exclusivement entre les mains de l’État libanais et que l’armée libanaise soit la seule force chargée de nous défendre, cela ne signifie pas qu’il est opposé à une communauté. C’est une question qui concerne tous les Libanais. »
    Bassil a poursuivi : « Certains sont incapables de comprendre qu’on puisse vouloir, à la fois, le monopole des armes par l’État et le retrait d’Israël. Nous voulons les deux. Certains veulent le monopole des armes mais ne veulent pas le retrait d’Israël, car Israël veut être lui-même celui qui procède au désarmement. D’autres ne réclament que le retrait israélien parce qu’après ce retrait ils ne veulent ni remettre leurs armes ni accepter ce principe. Le Courant patriotique libre se situe entre les deux. Lorsque nous disons que nous voulons les deux, que personne ne nous place dans un camp ou dans l’autre. »
    Il a relevé que « ce que nous constatons chaque jour, avec davantage d’occupation du territoire libanais, nous a conduits à dire qu’après avoir eu autrefois la capacité de défendre le Liban, ces armes ne disposent plus de cette capacité en raison du changement des rapports de force. Chaque jour où l’on permet à Israël de poursuivre ses agressions signifie qu’il peut tuer davantage et occuper davantage ».
    Il a ajouté : « C’est pourquoi nous disons qu’il ne faut pas donner à Israël de prétexte pour attaquer le Liban. La situation normale est que le Liban a traversé une période exceptionnelle qui est désormais terminée et que le Liban, à travers son État qui comprend le Hezbollah comme tous les autres, soit lui-même responsable de sa défense et de sa protection. »
    Bassil a poursuivi : « Ce sont des principes fondamentaux qu’il nous semble évident de défendre. Le Liban peut se défendre par son rôle, par sa diplomatie non par une diplomatie endormie ou qui prend du bon temps à l’ATCL mais par une diplomatie active, une position libanaise libre, la capacité de préserver la dignité de son armée et de ne permettre à personne de tuer ses soldats, ainsi que par la défense de son économie et la garantie de la dignité du peuple libanais grâce à une économie forte. C’est précisément ce qu’ils nous ont empêchés de faire. »
    Bassil a poursuivi : « Ils se sont moqués de nous lorsque nous avons dit : “Ils ne nous ont pas laissés faire”. Eh bien, aujourd’hui, qu’ils les laissent faire. Nous ne sommes pas avec eux et le monde entier est avec eux. Qu’est-ce donc qui les empêche aujourd’hui, sinon leur ignorance, leur stupidité, leur incompréhension et leur manque de connaissances ? »
    Il a ajouté : « Aujourd’hui, selon eux, le problème de l’électricité serait qu’ils n’ont pas contrôlé les prix des factures des générateurs. Non. Le problème de l’électricité, c’est que vous avez des centrales que vous avez mises à l’arrêt alors que le gasoil et le fioul nécessaires sont disponibles, et que vous refusez de les faire fonctionner. Nous avons, au sein du Courant, le droit de déposer plainte contre le ministre et le ministère qui imposent aujourd’hui trois milliards de dollars supplémentaires aux Libanais à travers la facture des générateurs. »
    Bassil a ajouté : « Ils pensent pouvoir nous faire peur avec l’audit juricomptable concernant les centrales flottantes. “Allez jouer ailleurs…” Pourrions-nous nous tenir debout et affronter tout le monde s’il existait quelque chose qui nous incriminait ? Nous les mettons une nouvelle fois au défi sur ce que révélera l’audit. Cette tromperie ne nous empêchera pas de dire la vérité. »
    Il a poursuivi : « La seule réalité à auditer est que l’électricité des générateurs coûte 55 cents, alors que celle de l’État coûte 27 cents. Chaque heure durant laquelle ils ne vous fournissent pas d’électricité vous oblige à la payer aux propriétaires de générateurs. Voilà la vérité. »
    Bassil a affirmé que « les centrales les moins coûteuses actuellement en service au Liban sont celles qui ont été mises en place par le Courant et qui fonctionnent depuis 2017, et que l’électricité la moins chère fournie au Liban est celle que le Courant a assurée, aussi bien par les centrales construites que par l’électricité produite à travers les centrales flottantes ».
    Il a ajouté : « Chaque jour, vous entendez le ministre de l’Énergie dire qu’il se rend à Chypre ou en Turquie dans le but d’importer de l’énergie et d’installer un câble. Au lieu d’importer de l’électricité au moyen d’un câble de milliers de kilomètres, pourquoi ne pas la produire à partir des centrales flottantes qui se trouvent à quelques mètres seulement ? »
    Il a poursuivi : « Ils veulent vous faire croire que nous avons simplement loué des navires-centrales et ils mentent sur leur coût. Jusqu’à aujourd’hui, le coût de l’électricité produite par ces centrales flottantes reste inférieur à celui de l’électricité provenant de Syrie, de Turquie ou de Chypre. Lorsque nous avons eu recours à ces centrales, c’était parce que leur électricité était moins chère pour l’État et pour le citoyen. »
    Bassil a ajouté : « L’audit juricomptable ne peut aboutir qu’à ce résultat. Et si vous voulez le manipuler, nous vous disons dès maintenant que vous n’êtes pas aptes à gouverner. Le Courant engagera des poursuites contre vous parce que, par votre politique “électrisée”, vous faites supporter au Trésor et aux Libanais des milliards de dollars. »
    Bassil a conclu : « Assez de temps s’est écoulé pour prouver que le Courant patriotique libre résiste à la corruption, refuse la soumission et refuse de céder, tout comme il résiste à l’occupation et à toute forme de tutelle au Liban, quelle que soit la partie qui l’exerce, qu’il s’agisse de la Syrie, d’Israël, de l’Iran ou de tout autre État. »
    Bassil avait également affirmé : « Nous nous retrouvons ce soir à Baabda, et une rencontre dans ce caza a pour nous une saveur particulière, car Baabda est pour nous le commencement, et pour le Liban elle sera le commencement et la fin. Elle est le centre de la légitimité dont nous sommes issus et que nous avons aimée. Nous avons aimé Baabda parce qu’elle abrite le Palais de la dignité. Mais aujourd’hui, nous nous retrouvons avec la joie de cette rencontre et une certaine amertume, parce qu’en ce jour, Baabda a signé une loi d’amnistie en faveur de criminels. »